Résumé et réaction de Philippe Heraud,
modem Nantes.
http://programmes.france3.fr/mise-a-mort-du-travail/
Résumé de la première partie
En France, 3 salariés sur 4 travaillent dans les
services. S’il il y a une crise du travail, c’est donc de là qu’il faut l’observer. Nous nous sommes installés dans une entreprise anodine, une entreprise comme il en existe aujourd’hui des
dizaines de milliers dans le monde : Carglass. Mondialisée, standardisée, Carglass est une filiale du groupe anglais Belron présent dans plus de 30 pays du monde. Ici, deux credo : une
productivité maximale et un client roi totalement satisfait… Deux notions qui, aujourd’hui, dans toutes les entreprises de services du monde, imposent la mise en place d’un management de la
manipulation...
Résumé de la deuxième partie
Alors que la crise fait vaciller le capitalisme
financier, La Dépossession raconte l’extraordinaire pouvoir des actionnaires sur le travail et les travailleurs. L’histoire nous transporte d’une usine Fenwick – un fabricant industriel de
matériel de manutention implanté dans le centre de la France – jusqu’aux arcanes de la finance new-yorkaise. Petite entreprise française née il y a 150 ans, Fenwick est racheté en 2006 par l’un
des financiers les plus redoutés des États-Unis, Henry Kravis. Un homme à la tête du fonds d’investissement KKR, dont les ventes annuelles dépassent celles de Coca-cola, Disney et Microsoft
cumulées. Avec ce rachat, pour les salariés français de Fenwick, la donne va radicalement changer. Cette même histoire se déroule dans des dizaines de milliers d’entreprises à travers le
monde…
A voir ou à revoir absolument.
« Le résultat est envoûtant ; on en sort presque saoul en
réalisant que cela est bien la réalité d'une grande part des "grandes" entreprises et donc d'une grande part des salariés de ces dites entreprises.
Si ce discours peut paraître "facile", "déjà vu", il est une
triste vérité.
Car nous voici bien à l'ère des sociétés de "services" (*) où,
dans la course effrénée au gain de production et à la baisse des coûts, la ressource principale et donc la charge budgétaire à "tuer" et à (op)presser c'est l'Homme. La charge c'est nous
!
Par ailleurs, nous sommes aussi de l'autre coté de la barrière
et en tant que client, nous sommes en tant que tel de plus en plus exigeant ; plus, plus vite, mieux, moins cher ! Cherchez l'erreur ! Il serait peut-être le temps d'arrêter la schizophrénie
!
Ainsi dans une société où "consommer fait l'Homme", le
consommateur, le client est proclamé roi à grand renfort de publicité et de promotion. Cette proclamation "faussée" faisant de chacun un roi, nous sommes notre propre roi et en devenons notre
propre esclave. Impossible dans ses conditions de se rebeller car cela équivaudrait à se mettre la tête sur la guillotine.
Cerise sur ce bô gâteau, tout cela fait de nous des individus
cernés par nous même, isolés et faibles, écrasés sous notre couronne de plomb.
Le management a bien compris cela et l'encourage en le mêlant
à l'angoisse du chômage.
Et si, sur les dossiers "sociétés privées appartenant à de
gros actionnaires sur-puissants", plus rien n'est à démontrer, celles-ci ne sont plus le seul terrain de jeu. Tous les grands managers veulent jouer, qu’ils soient du privé, du public ou du semi-public.
Mais comment admettre que ces grands patrons, qui sont Homme
avant tout, ne croisent pas de temps en temps leur conscience qui leur dirait "dis-donc, c'est pas un peu dégueulasse ce que t'es en train de faire ?". Je pense que oui, et je pense que cela
génère du malaise mais ils ont un antidote ! Si l'angoisse les étreint, ils se rassurent en se rappelant qu'un grand club, Le grand club les protègent; ils se doivent allégeance mutuelle, créant
ainsi tout à la fois un pacte de non agression et un pacte d'entraide. Si l'un d'eux sort du cercle alors ils peuvent tous être en danger. Ils se gardent bien, donc, de laisser un des leurs sur
la route. L'angoisse est passée, ouf !
Doc à voir donc et à méditer aux cotés des "ressources
humaines", "Violence des échanges en milieu tempéré" et autres "Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés".
*: Je n'oublie pas le secteur secondaire où les dégâts sont
déjà faits et connus. Des salariés pressés et abîmés ont été rejetés comme les déchets de la production de gain, soit au chômage soit dans le sous-emploi, la précarité, le tertiaire ou les trois
à la fois. De plus, la matière première est depuis longtemps aux mains des marchés financiers. »
Philippe Heraud