Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 11:41
Un mail reçu , dans lequel bon nombre d'électeurs peuvent se reconnaître, et qui en dit long sur la désespérance que provoque la faiblesse des réponses politiques.
S. Tassin.

 
"Je considère que cette élection, cette campagne n’est pas ordinaire, elle intervient dans un contexte très particulier, à la croisée des chemins, et qu'on ne peut donc plus avoir de réaction mécanique.
  
Il y a aujourd’hui un tel niveau de défiance entre les citoyens et le système et personnel politiques, une telle exaspération, un tel sentiment d’injustice, et une forme de désespérance latente  et en même temps une telle aspiration au changement, un tel gâchis humain dans la population que les logiques de soutien mécanique à un leader politique (y compris dans ceux qu’on connait le mieux) ne peuvent aller automatiquement de soi.
Du coup cette fois ci je ne réagirai pas comme certains d’entre vous ou certains électeurs en ce moment : je choisis le “moins pire” des candidats à la présidentielle, sans garantie que cela ne change quoi ce soit.
Non, je ne veux que le meilleur, celui avec l’étoffe qui aille avec l’immensité de la tâche de redressement à accomplir .
Si je considère qu’ aucun des candidats n’est à la hauteur , je voterai blanc le 22 avril prochain
 
Cela fait maintenant 10 ans et plus que nous trainons une crise de régime profonde notamment depuis un certain 21 avril 2002. J’ai la conviction que la Vème République est morte ce soir là, mais que ceux qui sont en responsabilité depuis aussi bien au PS ou à l’UMP n’ont jamais voulu en tirer les conclusions.  Suite à cela, le vote des régionales de 2004, du référendum de 2005 ou encore des taux d’abstention records lors des 3 derniers scrutins nationaux depuis 2009 n’en sont que le témoignage.
 
C’est pourquoi à mon sens il devrait y avoir dans cette élection des enjeux forts :
 
1) Est ce qu’on est prêt à mettre en place un nouveau régime politique et établir un modèle démocratique digne du 21e siècle, ce qui suppose une nouvelle Constitution (la 6eme république avec une Assemblée Constituante  spécifique désignée pour cela dès 2012 ?) Il s’agit de revoir profondément la répartition et l’équilibre des pouvoirs, le mode de gouvernance pour rétablir le lien de confiance perdu...  Il y a certainement beaucoup de choses à inventer ou à formaliser car je suis certain que beaucoup  dans ce pays  ont déjà des idées claires sur ce qu’il serait souhaitable de faire en la matière.
 
2)Il s’agit pour le prochain chef de l’Etat de s’attaquer réellement à une oligarchie financière '(minoritaire en nombre) au niveau national et international qui menace même notre Etat et notre démocratie (cf l’article de P Canfin  de rétablir des règles, et donc de remettre cette minorité à leur place au niveau européen et international : d’où la question “de la volonté de” et “de la capacité à
Seuls des hommes d’Etats exceptionnels dans la période historique récente ont été à la hauteur ; on pense bien entendu à De Gaulle.
Se laisser entrainer dans un scénario à la grec serait dramatique ; ce pays en quelques mois a été condamné à retourner dans un Moyen Age social.
Il faut hiérarchiser les valeurs : remettre l’humain en avant comme finalité et non l’argent.Cela suppose que  face aux difficultés il faut avant tout  faire jouer la solidarité et ne pas essayer de tirer profit du malheur des autres ou les pointer du doigt comme des mauvais élèves.
 
3)Refaire de la France un exemple et un modèle à suivre dans le monde (notamment sur le plan des Droits de l’Homme, du savoir vivre et de la qualité de vie) avec comme seule visée un humanisme intégral.
 
4)  Il est question ensuite d’une remobilisation interne de tous les acteurs notamment sur l’éducation, la production dans une dimension écologiquement compatible.
 
5) Avoir un projet Européen fort qui entraine de nouveau, basé sur la coopération et l’intégration entre les Etats et les peuples, et non sur uniquement des disciplines de concurrence “libre et non faussée” ou des principes monétaires.Le projet de prochain traité est de ce point de vue inacceptable, car il rompt avec l’idéal européen en voulant mettre au pas les Etats membres.
 
Si cette campagne reste dans de petits débats, avec des propositions d’ajustements à la marge telles que le proposent les principaux candidats actuellement, il y a un risque de profonde indifférence, de rejet qui débouchera forcément dans quelques mois dans une colère de rage en dehors des urnes...
 
Par sylvie tassin - Publié dans : commentaires sur l'actualité nationale
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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 17:53

 

UMPS: moins de 20% des électeurs, plus de 60% du temps de parole, et pour dire quoi?

Ces chiffres sont parlants, et François Bayrou a entièrement raison de dénoncer la sarkhollandisation du débat présidentiel.

N, Sarkozy et F. Hollande s'accusent mutuellement de mensonges depuis deux jours et cela fait la une des journaux.

L'électeur mérite mieux que cette usurpation d'un vrai débat d'idées. 

On ne va pas assister encore une fois à de la politique poubelle alors même que la situation économique nous entraîne vers le gouffre.

Le 4ème pouvoir, pilier d'une démocratie saine, courbe toujours davantage l'échine, pour n'être plus que caisse de résonnance des dominants,qui loin d'avoir fait leurs preuves, occupent le terrain par une frénésie permanente incapable de répondre aux angoisses de fond des Français.

On dit que les électeurs ont les politiques qu'ils méritent, c'est faux.

Les électeurs ont les politiques que les médias de connivence avec ceux déjà au pouvoir leur imposent.

Il y a urgence à changer cela, et à passer à un travail de fond qui réponde à la gravité de la  crise. 

Le 22 avril,votons NON à l'UMPS!


Sylvie Tassin.


Par sylvie tassin - Publié dans : billets d'humeur
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Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 20:32

C'est un discours extrêmement courageux que François Bayrou a prononcé aujourd'hui sur l'école, car il va totalement à l'encontre de sa mise en accusation perpétuelle qui la détruit, en détruisant la confiance des élèves, celle des parents, et celle des enseignants en eux mêmes.

J'espère que ce discours restera un élément majeur de cette campagne.

Quelques extraits marquants.

  • Je suis pour la diffusion de la culture générale pour que chaque élève dispose, dans le monde complexe qui est le nôtre, de la boussole nécessaire pour se retrouver dans la prolifération des informations et former son propre jugement.

 

  • Je suis pour une école qui hausse son niveau d'exigence et qui met ainsi au service de ceux à qui leur milieu social ne peut pas apporter le bagage culturel nécessaire la compréhension du monde. 

 

  • Rendre l'école à elle-même, c'est d'abord lui rendre le respect qu'on lui doit. Je suis pour une société qui s'affirme solidaire avec ses enseignants et non pas qui instruit perpétuellement le procès de ses enseignants. Le procès qui a été nourri ces dernières années contre eux,incessamment, par les gouvernements de gauche d'abord, de droite ensuite est, pour moi, un pur scandale moral. Ceux qui les mettent en accusation, qui disent qu'ils ne travaillent pas assez, ceux-là ne tiendraient pas deux heures en face d'une classe de collège et même quelquefois d'écoles élémentaires ! Ceux qui tiennent ces propos n'ont aucune idée de la somme de travail que représentent la préparation, les corrections, les travaux divers et variés et d'abord administratifs que représentent en réalité 20 heures ou 17 heures de cours effectifs au collège ou au lycée.

 

  • Nous devons reconstruire et nous devons le faire en pensant d'abord à l'enseignement public.

 

  • La sécurité physique et morale, la certitude d'apprendre quelque chose, la volonté que l'enfant se sente bien, en tout cas qu'il ressentent l'enseignement qu'il reçoit comme légitime, tout cela, c'est ce que l'école de la République doit aux futurs citoyens que sont les élèves et aux citoyens actuels que sont les parents.

 

  • Je pense qu'il faut en finir avec les réformes à perpétuité qui déstabilisent l'institution et qui troublent ceux qui la servent. Il y a dans tout cela de nombreuses démagogies, mais il est une idéologie dangereuse. Je désapprouve l'idée que ce soit par l'intérêt financier, par les primes, par la carotte financière,que l'on doive obtenir le comportement que l'on souhaite des enseignants. Ils ne comprennent pas, ceux qui sont des obsédés de la prime et sans doute aussi de la sanction financière, qu'il est d'autres valeurs, d'autres raisons de vivre que l'argent et que, précisément, ces raisons de vivre, c'est à l'école qu'on les transmet. Ils ne comprennent pas qu'un enseignant n'est pas le concurrent d'un autre enseignant et n'a aucune envie de le devenir. Ils ne comprennent pas l'enseignement ce n'est pas la société de concurrence, ce n'est pas la compétition seulement et c'est même probablement le contraire. 

 

  • L'enseignement valide, c'est celui qui unit des connaissances solides avec une générosité chaleureuse que l'élève sent, que l'étudiant sent et qui leur permet de s'épanouir !Voilà ma doctrine pédagogique !

 

  • C'est dans l'expérience, le savoir-faire, l'humanité, la générosité des maîtres, que se situe,dans le premier degré comme dans le second degré, le gisement de progrès de l'éducation,spécialement en France.

Cela est ma philosophie du progrès de l'école.

 


Retrouvez le discours  ci-dessous.

http://pouvoirpolitique.com/video/agenda-20122020-2eme-forum-discours-de-cloture-040212/

 

 

Ses 30 propositions sont ici.

http://bayrou.fr/article/francois-bayrou-presente-ses-30-orientations-pour-leducation

 

Par sylvie tassin - Publié dans : éducation
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 22:04

Vous connaissez ces jeux de cour de récréation: action chiche ou vérité?

Celui dont c'est le tour doit choisir entre dire la vérité ou accomplir une action déterminée par d'autres s'il veut éviter de se dévoiler...

Eh bien François Bayrou nous propose les deux: cesser de se voiler la face  - et passer à l'action assumée  ENSEMBLE  pour sortir la tête de l'eau.

CHICHE!

 

Par sylvie tassin - Publié dans : commentaires sur l'actualité nationale
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Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 16:59

Merci à l'Express de relayer cet appel de François Bayrou .

La démocratie est trop souvent bafouée, avec des scrutins qui ne tiennent pas compte de la pluralité de l'offre politique, des grands médias aux mains du pouvoir en place, un gouvernement qui mène campagne aux frais du contribuable.

L'abstentionnisme, qui traduit la lassitude des électeurs, enlève tout espoir de changement possible.

Alors s'indigner, c'est s'inscrire pour pouvoir VOTER.

Il vous reste un jour.

 

Sylvie Tassin.

 

Bayrou lance sur Twitter un appel à s'inscrire sur les listes électorales

publié le 29/12/2011 à 11:00, mis à jour à 11:00

Bayrou lance sur Twitter un appel à s'inscrire sur les listes électorales

afp.com/Jean-Christophe Verhaegen

PARIS - Le candidat MoDem à la présidentielle François Bayrou a lancé jeudi sur Twitter un appel à s'inscrire sur les listes électorales qu'il espère voir relayé par 100.000 personnes, afin selon lui de "contourner" l'absence de campagne gouvernementale sur ce thème.

"Urgence inscription listes électorales avant le 31 ! Gouvernement n'en veut pas, mais 100.000 tweets le peuvent. Après, votons en liberté !", écrit François Bayrou sur son compte.

"Le gouvernement n'a pas voulu de campagne d'incitation à s'inscrire sur les listes électorales, ce qui ne s'était jamais vu en année de présidentielle et de législatives", a expliqué le candidat centriste à l'AFP.

Mais "avec les réseaux sociaux, les citoyens ont le pouvoir de contourner la mauvaise volonté gouvernementale", a-t-il poursuivi, comptant sur "l'effet démultiplicateur" de Twitter (chaque utilisateur envoie le message à ceux qui sont abonnés à son compte, qui à leur tour peuvent le diffuser) pour relayer l'information.

Sur le site bayrou.fr, un lien renvoie directement à un autre site du service public, qui permet une inscription en ligne sur les listes.

Plusieurs responsables politiques d'opposition ont reproché aux pouvoirs publics de n'avoir pas fait le nécessaire pour inciter les Français à remplir leur devoir citoyen.

"Faux", selon le ministère de l'Intérieur, qui a fait diffuser affiches et dépliants auprès des 1.500 plus grandes communes en partenariat avec l'association Civisme et Démocratie. Son porte-parole Pierre-Henry Brandet a vanté un "effort" représentant un budget de 181.000 euros, contre 31.000 il y a cinq ans.

Par  
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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 20:21

Deux articles cette semaine montrent que F. Bayrou, que l'on entend en général sur la dette, la nécessité de privilégier le label " Produit  en France", ou encore l'école républicaine porteuse d'égalité des chances, met en avant l'écologie comme moyen de faire converger vers un intérêt commun, par delà les clivages traditionnels.

F. Bayrou amène la préoccupation écologique, qui nous touche tous en affectant notre qualité de vie et en impactant l'avenir de nos enfants,  comme charpente du rassemblement qu'il appelle de ses voeux depuis  longtemps, le seul qui nous permette de réagir à l'urgence de manière appropriée .

Extrait de l'article du "Figaro".

"Ces sujets sont l'occasion de recentrer le débat politique au-delà des partis", a jugé le candidat centriste qui veut introduire "la dimension écologique" dans chaque décision politique.

A l'heure où, comme on le voit chaque jour davantage au sein de la zone euro,  la seule façon de faire en politique semble être de tirer son épingle du jeu quitte à diviser toujours davantage, il est effectivement vital de  rechercher les points de convergence possibles pour arrêter les dégâts et siffler la fin d'une récréation qui menace de nous faire tous finir en sang et en larmes.

Sylvie Tassin.


Ci-dessous liens vers les articles cités.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/12/14/97001-20111214FILWWW00504-bayrou-pour-une-ecologie-positive.php

http://www.bioaddict.fr/article/presidentielles-2012-bayrou-s-empare-de-l-ecologie-a2553p1.html

Par sylvie tassin - Publié dans : commentaires sur l'actualité nationale
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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 18:04

Regard avisé et paroles qui sonnent  juste.


Pourquoi François Bayrou peut gagner.

Depuis la déclaration de candidature de François Bayrou, quelque chose se passe. Un frisson dans l’air. Une rumeur se répand de conversation en conversation. Et si c’était l’heure de Bayrou ? Mais, oui, pourquoi pas ? On l’avait presque oublié ces dernières années, et subitement voilà qu’il apparait comme une solution possible, séduisante, évidente…

Les étoiles semblent en effet vouloir s’aligner en sa faveur.

Une élection présidentielle est toujours l’aboutissement d’un parcours personnel et d’une proposition politique, portés par une bonne campagne électorale.

 

Le parcours personnel

Après avoir connu une longue traversée du désert, François Bayrou est désormais un homme seul ou presque. Une posture gaullienne, mais paradoxalement incarnée par un modéré. Les Français lui savent gré de cette force de caractère et de cette indépendance, vis-à-vis des clans et groupes d’intérêts qui semblent agiter l’UMP comme le PS. François Bayrou a souffert, les Français peuvent estimer qu’il « mérite » de devenir Président, que son tour est venu (comme Jacques Chirac en 1995).

Il n’est aujourd’hui qu’un challenger sérieux, mais là encore, cela joue plutôt en sa faveur à 6 mois de l’échéance, les Français ne rechignant pas à déjouer les pronostics du microcosme médiatique parisien.

François Bayrou apparait également crédible. Il a été Ministre de l’Education nationale (c’est d’ailleurs un des rares points de faiblesse de son profil, car il n’a pas laissé un grand souvenir…). Il a surtout été l’un des premiers, avec les libéraux comme Alain Madelin ou Alain Lambert, à alerter les Français sur la dangerosité de la dette.

Enfin, last but not least, François Bayrou, apparait comme un homme simple et sympathique, ancré dans la province et la ruralité. Les anglo-saxons ont coutume de dire que les gens préfèrent généralement voter pour celui avec lequel ils aimeraient partager un verre. Il incarne une France de valeurs avec lesquelles les Français nostalgiques aspirent à renouer.

Mais loin de la normalité proclamée par François Hollande, concept peu attrayant et valorisant pour les Français, François Bayrou est aussi homme de culture, d’histoire et de lettres. Il renoue ainsi le fil de la conception traditionnelle de la politique française, après la rupture urbaine et post-moderne du sarkozysme. Si l’on ajoute à cela sa solitude et son parcours initiatique intransigeant, il recrée un peu de distance et de hauteur, attributs essentiels de la Présidence.

Il semble concilier des qualités appréciées. Ferme dans les principes, mais modéré dans l’expression et l’action. A moins que ce soit l’inverse… Peu importe, le mélange fonctionne.

 

La proposition politique

Face à la crise, et après quelques années d’une vie politique clivée et agressive (droite décomplexée contre anti-sarkozysme déchainé), les Français peuvent aspirer à plus de modération, voire à une forme d’union nationale.

Pour l’électorat de droite, à côté d’un Nicolas Sarkozy affaibli qui semble en difficulté pour battre le candidat d’un électorat de gauche motivé et mobilisé (cf. les primaires), François Bayrou peut apparaitre comme un barrage efficace. Pour un électorat déçu et démobilisé après 10 ans d’exercice du pouvoir, François Bayrou représente une vraie possibilité de victoire contre la gauche. Les gens aiment être du côté du gagnant. Avec François Bayrou, l’électorat de droite peut à nouveau humer le doux parfum de la victoire.

François Bayrou a aussi le charme discret de la « révolution », ou tout du moins du changement, ce qui est paradoxal pour un centriste (mais l’est-il vraiment ? Tout le contredit dans son comportement tout sauf velléitaire). Voter pour cet homme seul, c’est renverser la table. C’est la possibilité de mettre un coup de balai et de donner de l’air à la démocratie, en ébranlant des réseaux de pouvoir usés, sclérosés, vieillissant (l’Assemblée nationale française est la plus âgée d’Europe avec 59 ans de moyenne) et parfois corrompus (cf. la multiplication des affaires).

Avec son slogan « Produire, Instruire », il met le doigt sur les deux préoccupations majeures des Français : le redressement économique, la restauration de l’autorité et de la transmission des valeurs. François Bayrou c’est l’homme de la galoche administrée au petit garnement de banlieue en 2007, mettant fin symboliquement à des décennies de laxisme et de pensée « bisounours ».

Son diagnostic, qui paraissait trop consensuel en 2007, excuse à l’impuissance à un moment ou les Français attendaient de l’action, sonne plus juste dans le contexte de 2012, après 5 années d’activisme dont beaucoup de Français se sont lassés et ne perçoivent pas suffisamment les résultats, et face à une crise qui peut justifier une forme d’union nationale (comme l’Allemagne a su le faire après la réunification).

 

L’effet de bascule décisif

L’intention de vote en faveur de Nicolas Sarkozy apparait fragile, son principal moteur étant la volonté de faire barrage à une gauche irresponsable et divisée, incapable de remettre en cause ses dogmes et ses clientèles politiques, essentiellement motivée par la perspective du pouvoir. Si François Bayrou atteint un score suffisant dans les sondages – aux alentours de 18 %, Nicolas Sarkozy se trouvant mécaniquement abaissé à 22 / 24 % – il apparaitra alors comme une solution crédible face à la gauche. Il est possible alors que se produise un effet de bascule en sa faveur, l’électorat de droite volant au secours d’une victoire mieux assurée face à la gauche.

Ce scénario est d’autant plus crédible que la candidature de Marine Le Pen est chaque jour renforcée par une actualité qui semble vouloir donner raison au FN sur l’Euro ou le danger islamiste (40 % des tunisiens installés en France ont voté pour les islamistes), au détriment de celle de Nicolas Sarkozy, qui serait alors pris en tenaille, et dont la chute s’en trouverait accélérée.

 

La campagne électorale

La réalisation de ces hypothèses dépendra évidemment de la campagne électorale, dont il ne faut pas négliger l’importance. Nicolas Sarkozy, orfèvre en la matière -sa dernière brillante émission de télévision l’a encore montré- peut réussir à convaincre les Français qu’il a changé et que son expérience et son caractère sont les meilleurs attributs en temps de crise grave, malgré un bilan en demi-teinte.

Pour arriver en tête au premier tour, François Bayrou doit donner des gages, envoyer des signes, à l’électorat de droite, sans pour autant perdre l’électorat du centre et du centre gauche. La faiblesse de la campagne de l’indécis François Hollande, et les divisions surréalistes d’un PS miné par les ambitions et la corruption de ses baronnies locales, peut l’y aider.

Mais le destin de François Bayrou repose avant tout dans ses mains et celle de son équipe. Seront-ils capable de mener une campagne efficace et de donner une image rassurante de professionnalisme ? L’organisation n’est pas la qualité première des centristes et des libéraux (qui soutiennent largement François Bayrou, ou sont fortement tentés de le faire). C’est en menant une campagne moderne que l’un d’entre eux, Valery Giscard d’Estaing, avait réussi à se hisser à la Présidence de la République en 1974. François Bayrou parviendra-t-il à rééditer l’exploit, mettant un terme à la toute puissance de l’UMP (qui ressemble d’ailleurs de plus en plus au RPR d’antan) ?

 

L'original est ici:

http://blogs.lexpress.fr/regard-dassier/2011/12/17/pourquoi-francois-bayrou-peut-gagner/

Par sylvie tassin - Publié dans : commentaires sur l'actualité nationale
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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 11:24

Que penser d'une explication comme celle-ci?

Si ce qui est dit ici est vrai, au moins pour ce qui est du diagnostic, cela signifie qu'on propose ni plus ni moins de mettre des peuples entiers à terre pour rembourser des taux d'intérêt aux banques.

Alors, le vrai et le faux, là dedans?

 

Sylvie Tassin.

Par sylvie tassin - Publié dans : economie
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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 13:06

Conférence des Présidents d’Associations

de Professeurs Spécialistes

 

Les associations signataires ont pris connaissance du projet d'arrêté réformant l'évaluation des professeurs, quiprétend réduire cette évaluation à un « entretien professionnel » « conduit par le supérieur hiérarchique direct de l’agent » excluant les inspecteurs pédagogiques du processus d’évaluation des professeurs au profit des proviseurs ou d’un autre « fonctionnaire » désigné par « l’autorité hiérarchique », qui pourrait ne pas être « le supérieur direct de l’agent ». Les associations signataires voient dans ce projet le cheval de Troie d'une profonde dénaturation des missions d'enseignement.

En effet, si la pédagogie des professeurs n'est plus évaluée par les spécialistes de leur discipline que sont les inspecteurs, c'est en toute logique que les savoirs disciplinaires ne seront plus au centre de leur mission, ce d'autant plus que des activités étrangères à l'enseignement seraient prises en considération.

Par ailleurs, en confiant, dans le cadre d'une autonomie accrue des établissements, aux seuls chefs d'établissement, déjà présidents du conseil pédagogique, toute l'évaluation des professeurs, ce projet les soumet à des critères locaux et subordonne les programmes nationaux et la liberté pédagogique au projet d'établissement, remettant en cause le caractère national de l'enseignement dispensé.

Enfin, en parlant d’une évaluation à la mesure « des résultats professionnels obtenus par l’agent », ce projet transforme la question de l’échec scolaire en problème de productivité et en disculpe commodément les politiques mises en œuvre ces dernières décennies. Dans une école alors conçue comme une entreprise, où des « objectifs » sont « assignés » à « l’agent », éduquer reviendrait à produire des résultats selon les mêmes exigences de rentabilité et en modelant les élèves sur la demande du « marché du travail ».

Les associations signataires dénoncent dans cet arrêté l’étape décisive d’un processus destructeur des ambitions humanistes et émancipatrices de l'école républicaine. Elles en exigent le retrait immédiat et le maintien de la double notation des professeurs.

 

 

APAP : Association des Professeurs d’Arts Plastiques

APCEG : Association des Professeurs de Communication, d’Economie Gestion

APMEP : Association des Professeurs de Mathématiques de l’Enseignement Public

APEMU : Association des Professeurs d’Education Musicale

APFLA – CPL : Association des Professeurs de Français et Langues Anciennes en Classes Préparatoires Littéraires

APHG : Association des Professeurs d’Histoire Géographie

APL : Association des Professeurs de Lettres

APPEP : Association des Professeurs de Philosophie de l’Enseignement  Public

APSMS : Association des Professeurs de Sciences Médico-Sociales

APV : Association des Professeurs de Vente

CNARELA : Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes

SLNL : Société des Langues Néo-Latines

UPBM : Union des Professeurs de Physiologie, Biochimie et Microbiologie

 

Pour tout contact :

Philippe Blanc, Secrétaire Général de la Conférence

13 rue Jehan-Fouquet

37000 Tours

Philippe.Blanc@ac-orleans-tours.frV

Par sylvie tassin - Publié dans : éducation
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 19:49

Je n'étais pas en grève aujourd'hui, mais je ne crois pas que la notation des professeurs par les seuls chefs d'établissement soit une chose souhaitable.

Le chef d'établissement  participe déjà aujourd'hui à notre évaluation, à hauteur de 40% de la note. 3 critères lui incombent:

 1-Ponctualité, assiduité.

 2-Autorité, rayonnement.

 3-Activité efficacité. 

 Et 60% de la  note revient à l'inspection, qui évalue cette fois votre compétence disciplinaire et pédagogique.


Pourquoi cette réforme me semble-t-elle inadaptée?

  • Tout d'abord, il est toujours essentiel de maintenir un équilibre des pouvoirs pour garantir les conditions d'une évaluation juste. L'évaluation aux mains d'un seul, c'est la porte ouverte à des dérives en tout genre.

 

  • Ensuite, l'enseignement est au coeur de notre mission.Avoir un regard expert sur la matière que nous enseignons comme sur notre maîtrise pédagogique pour faire passer des concepts difficiles, et être reconnus pour cela est stimulant.Je sais que des inspections ont anéanti des professeurs, mais les chefs d'établissements ne nous mettent aucunement à l'abri de cela. Un inspecteur a assez peu de prise sur nous, une fois qu'il a quitté l'établissement. Ce ne sera pas le cas avec un chef d'établissement. 
  • Le principal inconvénient de l'inspection pour ce gouvernement est que lorsqu'un professeur est inspecté, sa note est en général augmentée, il change d'échelon plus rapidement, et perçoit donc une augmentation de salaire. Le projet de réforme actuelle est accompagné d'un ralentissement de l'évolution possible des carrières.Une économie de plus pour le gouvernement, et encore du pouvoir d'achat en moins pour les professeurs.
  • Cette réforme proposée est liée à celle de l'autonomie des établissements, avec à terme un probable recrutement direct de l'équipe enseignante par le chef d'établissement. Des établissement autonomes, mis en concurrence, avec dans certains les meilleurs professeurs, dans d'autres les moins performants. On voit où cela nous mène. L'école de l'égalité des chances une fois de plus sabordée.

 

Il est indéniable que  le système actuel n'est pas satisfaisant en partie parce que  les inspecteurs n'ont pas suffisamment le temps d'assurer du conseil et de la formation.

Ils sont vus comme des censeurs, et non comme des aides.

Mais je ne vois absolument pas en quoi le système proposé en remplacement va aider l'enseignement. La maîtrise du savoir enseigné et de la manière de l'enseigner ne seront plus évalués, or l'école a besoin de se recentrer sur ces fondamentaux là pour aller mieux. Car une classe qui s'intéresse à ce que vous lui enseignez est une classe qui ne chahute pas. Et 98% des élèves ont la capacité de s'intéresser à ce qu'on leur enseigne.

Mais pour cela il faut que la compétence du professeur soit un réel enjeu, et pas un vague accessoire .


Je remercie par avance tous ceux qui prendront la peine de lire l'article de Nathalie Mons, chercheur spécialiste de la comparaison internationale des politiques éducatives, et qui explique pourquoi elle qualifie cette réforme de réforme "à contre courant".

 

Sylvie Tassin.


«Une réforme à contre-courant»

INTERVIEWNathalie Mons, spécialiste de la comparaison internationale des politiques éducatives.

VÉRONIQUE SOULE

Nathalie Mons, maître de conférences à l’Université Paris Est-Marne la Vallée, est spécialiste de la comparaison internationale des politiques éducatives (1). Elle analyse le projet de réforme d’évaluation au regard des pratiques en Europe.

Y a-t-il un modèle dominant d’évaluation ?

Pendant longtemps, l’évaluation individuelle par des inspecteurs - ce qui se pratique aujourd’hui en France - a été le système classique. Mais, à partir des années 90, avec l’autonomie des établissements qui s’est répandue, on a de plus en plus évolué vers une évaluation collective de l’établissement. C’est logique : lorsqu’il y a autonomie, l’activité des enseignants est moins réglementée. L’inspecteur continue d’aller voir le professeur dans sa classe pour observer comment il suit le programme, ses méthodes pédagogiques, etc. Mais on ne peut plus se limiter à cela. On va regarder aussi les résultats de l’équipe, les progressions globales des élèves, avec les résultats aux tests nationaux par exemple, le nombre de redoublements, les rapports avec les parents, etc.

Aujourd’hui, vingt-deux pays européens, sur les trente que nous avons étudiés, ont ces évaluations collectives en plus de celles individuelles des profs. Près de la moitié de ces pays ont en plus introduit une évaluation par les chefs d’établissement. Mais, à deux exceptions près - les Pays-Bas et la Norvège -, ceux-ci ne sont jamais seuls à évaluer. Partout, l’inspecteur garde un rôle important.

Avec le projet du ministère qui donne un rôle clé aux chefs d’établissement, la France se situerait où dans ce cadre européen ?

Si l’inspecteur n’est plus qu’une aide à la décision du chef d’établissement qui, lui, porte le jugement final, la France adopterait un modèle ultraminoritaire, en vigueur dans deux pays, et en plus en voie de disparition - la Belgique l’a abandonné il y a quelques années en décidant d’avoir recours aussi à des inspecteurs. Elle irait ainsi à contre-courant des tendances actuelles qui vont vers le collectif et un regard externe.

Comment expliquer cette particularité française ?

Malgré la rhétorique en vogue sur l’autonomie, on a du mal en France à penser le collectif. On s’intéresse à chacun des membres de l’équipe pédagogique mais sans comprendre vraiment qu’il s’agit d’un collectif. La France est à cet égard en retard : elle est l’un des rares pays à ne pas évaluer ses établissements.

Beaucoup estiment que l’évaluation actuelle n’est pas satisfaisante : êtes-vous d’accord ?

Tout à fait. D’abord elle se fait au compte-gouttes. Faute de moyens, les inspecteurs viennent très rarement dans les classes. Or les professeurs sont demandeurs : leurs progressions de carrière et individuelles dépendent en bonne partie des inspecteurs. En plus, un regard extérieur comme celui de l’inspecteur, qui connaît votre discipline, est toujours intéressant pour un enseignant qui a envie de dialoguer et d’avancer sur ses pratiques.

Y a-t-il un système qui marche ?

S’il n’y a pas un bon modèle, on connaît aujourd’hui les conditions nécessaires : il faut une multiplicité de regards - intérieur comme, pourquoi pas, celui du chef d’établissement, extérieur comme celui de l’inspecteur - et des critères les plus larges possibles. La grande tendance, aujourd’hui, c’est d’avoir «plusieurs regards évaluatifs». En fait, on superpose les évaluations. Ainsi, quatorze pays en Europe ont ajouté à leur dispositif une autoévaluation des établissements. Ceux-ci retiennent un certain nombre de points - résultats des élèves, projets interdisciplinaires, etc. - et mesurent leurs manques et leurs progressions. On a montré que cela avait un effet mobilisateur.

Ce qui est important aussi, car il ne s’agit pas d’évaluations-sanctions, c’est de faire le lien avec des incitations. Je ne parle pas d’incitations financières car ce n’est pas ce que les enseignants demandent en premier, mais plutôt d’un meilleur confort de travail - des décharges, des stages de formation continue…

Les profs français dénonçant la réforme seraient-ils rétifs à l’évaluation ?

Non, je ne crois pas. Mais tout ce qui touche au statut des enseignants, en France comme ailleurs, est ultrasensible car on touche au métier même.

(1) Elle a participé comme experte à l’étude «Responsabilité et autonomie des enseignants en Europe», Eurydice, Commission Européenne, Bruxelles, 2008

Par sylvie tassin - Publié dans : éducation
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