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Mardi 30 juin 2009
Lors de sa première conférence de presse de la campagne des municipales à Nantes, Isabelle Loirat défendit ardemment le développement de transports publics urbains s'inscrivant dans du  très durable à Nantes.
Plus économes que le tramway, plus respectueux de l'environnement, et aussi efficaces!
Elle prononça à titre d'exemple d'un projet réalisable à Nantes  un mot évocateur d'altitude et de cîmes enneigées: téléphérique.

Ce mot fit le régal de la presse dans les jours qui suivirent, et les candidats MoDem se virent affublés de l'étiquette de doux rêveurs.
Aujourd'hui, Milan propose un projet de téléphérique de 17 km.
Après New York, Barcelone,Sidney...
Le rêve est une des choses les mieux partagées au monde...

extrait de l'argumentaire en faveur du téléphérique sur la Loire .(cf blog d'Isabelle Loirat pour plus d'infos)

- 6 mois de travaux ponctuels pour un téléphérique (= tram aérien) ou 4 ans de travaux continus pour un tram au sol et un pont ?
- pour le même prix : 7 km de Téléphérique ou un km de tram au sol ? Auquel il faut ajouter le prix du pont en béton.
- un investissement économe de nos impôts soit 3 à 5 millions d'euros du km pour un téléphérique ou un projet de tram au sol plus coûteux soit 30 à 40 millions du km (exemple du dernier tram construit : ligne C du tram de Grenoble : 39 millions d'euros pour un km de tram) ?
- un temps d'attente de 30 secondes (oui c'est possible) entre chaque cabine de téléphérique ou les 7, 10, ou 20 minutes d'attente du tram ou bus ?
- un transport avec 2/3 de places assises pour un meilleur confort et 1/3 debout ou l'inverse avec le tram au sol ?

La consommation énergétique du tram par câble est très faible. On ne transporte que l'essentiel : les passagers et la cabine. Moteur, boite de vitesse et mécanisme de freins sont fixes en gare-station et servent pour l'ensemble des cabines. Le tram aérien consomme trois fois moins d'énergie que le tram au sol.
Le tram au sol consomme 1 KWH (Kilo Watt Heure) par passager tandis qu'un tram aérien par câble ne consomme que 0,28 KWH/personne transportée pour une télécabine de 8 personnes, un bus 60 places consomme 1,35 KWH/pers, 1 voiture avec 1 personne 13,1 KWH/pers.
link
Des 3 projets, seul le Téléphérique TransLoire permet de relier les deux rives de la Loire et l'Ile de Nantes. Et il sera connecté aux lignes 1 et 3 de tram, s’inscrivant ainsi dans le réseau existant de transports en commun pour prix du ticket TAN. (10/10/2008)

Par sylvie tassin - Publié dans : reflexion
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Mardi 30 juin 2009

Rentrée 2007 : le collège Guist’ hau  du centre ville ferme une sixième sur les quatre fonctionnant jusqu‘alors par manque  d’effectifs suffisants.

Juin 2008 : consigne en interne à Guist'hau : pas de redoublement  autorisé pour ne pas avoir à réouvrir une 6ème supplémentaire.L’objectif est de contenir les élèves dans trois sixièmes.

Rentrée 2008 : des sixièmes à effectifs lourds, trente élèves par classe.

Juin 2009 :

a-pas de réouverture d’une   6ème   à Guisthau. Cause annoncée : demandes insuffisantes.

b- le collège Jules Verne de centre ville annonce la fermeture d’une de ses sixièmes au motif d’une baisse d’effectifs.

Cause annoncée : les grèves des lycéens auraient eu un effet désastreux sur les parents d’élèves car les perturbations occasionnées ont affecté le bon déroulement des cours de collège.

c- l’Externat des Enfants Nantais (collège privé de prestige du centre ville )croule sous les demandes d’inscriptions. Toutes leurs sixièmes seront à 30 en septembre.

La guerre public/ privé ne m’intéresse pas. La réussite des enfants, si.

Cela fera les adultes équilibrés et responsables de demain, les adultes capables de défendre l’école parce que l’école les aura aidés.

Les lycéens étaient en grève pour obtenir de meilleures conditions de réussite à l’école, pour qu’elle se donne les moyens de redevenir un vecteur d’égalité des chances. Quels que soient les griefs que l’on puisse avoir sur leurs méthodes, le fond de leurs revendications était juste.

Fermer des sixièmes dans des écoles publiques a pour conséquence directe l’augmentation d’effectifs par classe.Des classes de sixièmes à 30 ne donnent pas les moyens d’un enseignement flexible qui peut  s’adapter aux enfants différents, dans une classe charnière qui conditionne la suite des études au collège.

Les mesures de soutien scolaire n’ont pas été efficaces malgré les effets d’annonce du ministre Xavier Darcos. Par manque de coordination et de concertation entre les acteurs. Pour du soutien efficace il faut du personnel formé et expérimenté. Ce sont les assistants d’éducation, personnel non formé à la pédagogie, qui en étaient chargés. Et ils se trouvaient démunis devant l’ampleur des difficultés des élèves.

Plus un enfant est en difficulté plus il est complexe et a besoin de praticiens chevronnés en face de lui.

Et l’individualisation de l’aide n’est pas la seule ou la meilleure voie. L’enfant ne doit pas être stigmatisé. Le garder au maximum dans le groupe classe est important.

La garantie de sixièmes à 25 est une meilleure chance pour les enfants en difficulté.

Fermer les sixièmes dès qu’il y a creux dans les effectifs est une mauvaise nouvelle pour l’avenir de notre école publique. Profiter de baisses (souvent temporaires) de demandes pour se donner des chances d’innover en enseignant de manière plus flexible avec des groupes moins lourds semble bien plus porteur de progrès, bien plus prometteur  d’ une école durable.

S’il y a une classe sur laquelle concentrer nos efforts au collège, c’est bien la sixième.

Sylvie Tassin.
Par sylvie tassin
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Mardi 16 juin 2009
Les Iraniens ne lâchent pas. Ils ont le sentiment qu'on leur a volé leur vote. Et ils marchent. Et Ils courent des risques. Pour défendre ce vote. Contre ce qu'ils estiment être une usurpation. Une imposture.
Moussavi leur demande de rester chez eux. Ahmadinejad essaie l'intimidation.Ils ne se laisseront pas dicter la conduite à tenir.Ils n'entendent pas se laisser trahir sans rien dire.
D'où leur vient cette force?
Ils parlent entre eux.
Comment savent-ils qu'ils ont été trahis?
Ils parlent entre eux.
Si dans ton quartier, tous les gens que tu connais ont voté Moussavi, et que dans ton quartier, Ahmadinejad gagne, il y a un problème. Sérieux.
Si tes copains sur Facebook ont voté Moussavi, si tes copains blogueurs ont voté Moussavi, et si Ahmadinejad gagne, il y a un problème. Sérieux.
Les langues qui se délient, les gens qui se parlent, qui échangent, voilà la meilleure façon d'asseoir, de protéger la démocratie.
Certains croient que parce qu'ils ont l'information, ils ont le pouvoir.
Faire circuler l'information, c'est obliger le pouvoir à se partager.
Un pouvoir qui se partage, là est la vraie démocratie.
Et la vraie force.
Ceux qui essaient d'aller contre cela sont ceux qui perdront.
Car aujourd'hui, quoiqu'ils essaient de faire , l'information finit toujours par circuler.
On ne peut plus la contenir, se la garder précieusement et en jouer.
Elle appartient à tous.
Ce rapport à l'information est ce qui va révolutionner la marche du monde.
J'y crois.
Dur comme fer.

Sylvie Tassin.
Par sylvie tassin - Publié dans : reflexion
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Samedi 13 juin 2009
J'ai rêvé que les Iraniens allaient donner une chance à la paix, à la liberté, à l'ouverture.
Ils ont beaucoup voté, jusqu'à faire reculer l'heure de fermeture des bureaux de vote d'heure en heure.
Mahmoud Ahmadinejad serait réélu à une très forte majorité des voix.
Son adversaire conteste la légitimité de cette élection.
Je crois que mon rêve ne se réalisera pas.
Tant pis j'en ai d'autres.

Sylvie Tassin.
Par sylvie tassin - Publié dans : billets d'humeur
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Vendredi 12 juin 2009

Les Iraniens se sont fortement mobilisés. J’espère que cela va se clore par l’élection de Mir Hossein Moussavi, réformateur qui raille celui qui a enfermé son pays dans un isolement international complet.

En tout cas je remercie du fond du cœur ces Iraniens qui votent en masse, et si leur message va dans le sens que je souhaite il me mettra du baume au cœur. Les Européens ne se sont pas mobilisés pour montrer leur attachement à une paix durable, mais d’autres peuvent le faire pour montrer qu’ils en rêvent.

Faudra-t-il donc que chaque peuple européen subisse quatre longues années le joug d’un dictateur pour comprendre ?

Ou nous manque-t-il en Europe la force de conviction d’un Obama ?

Oui je sais, vous allez me dire : « c’est ton Obamania qui te reprend. »

Oui, cela me reprend. Je viens d’écouter son discours du Caire.

Un président américain qui ose des phrases telles que : « Nous devons en finir avec la colonisation israélienne », « l’Islam fait partie de l’Amérique », « L’Islam est une partie de la solution pour lutter contre les extrémismes » ,

tout en rappelant

 « Les liens entre les Etats-Unis et l’état juif sont indéfectibles » et « demain, je visiterai Buchenwald »,

ne peut que susciter une grande admiration.

Et cet homme laisse le choix aux Iraniens : quelle que soit l’issue du scrutin, il continuera à œuvrer dans le même sens. Et un changement peut se produire.

Pourquoi Obama peut-il réussir là où tant ont échoué ?

Parce qu’il est humble, il reconnaît la place de l’autre, et sa juste place. Son discours est celui du respect de chacun. De l’humanisme.

Et parallèlement il propose un cap. Sa vision des choses. Fermement parce qu’il la pense juste. Donc il l’assume. Et la martèle.

Obama défend des convictions profondes, solidement ancrées. Qui lui viennent des Pères Fondateurs des Etats-Unis. Ceux qui permirent la naissance d’une nation. 

Sa première conviction est celle ci :

« Reconnaître notre humanité commune n’est que le début de notre travail ».

Mais c’est bien l’étape essentielle pour que prenne vie cette devise : « Out of Many, One »

Et si l'on parlait d’Europe ainsi ?

Sylvie Tassin.

Par sylvie tassin - Publié dans : reflexion
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Lundi 8 juin 2009


Ecrit le 6 juin mais non publié pour raison de fin de campagne.

Le MoDem et Europe Ecologie sont les seuls partis à avoir fait campagne sur un projet, et à avoir vraiment fait campagne, en gage de leur intérêt pour l’Europe et de la conscience qu’ils ont de l’importance cruciale qu’il y a à la défendre.

François Bayrou n’a pas su le montrer, mais le MoDem avait un vrai projet, car beaucoup d’entre nous sont des Européens convaincus.

Ce qu’il s’est passé jeudi soir dans « A vous de Juger » fut un cauchemar.

Deux hommes à vif qui s’affrontent en se portant des coups bas, deux hommes écorchés par la fatigue, par l’acharnement des media à leur rappeler leur rivalité permanente.

Car il ne faudrait pas que le MoDem et Europe Ecologie s’épargnent, une entente serait dangereuse et  terrible pour les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis des décennies, sans avoir grand chose d’autre à faire que d’attendre leur tour, sans être menacés de rien d’autre que de lendemains qui chantent ou déchantent.

Ils acceptent les défaites au nom du principe de la roue de la fortune, principe qu’ils ont si bien intégré que jamais revers électoral, aussi sévère soit-il, n’occasionne de vraie remise en cause, d’introspection réelle et sans complaisance, de chance saisie de construire.

Et Ils se sont laissés dépasser par la vitesse du monde, on a vu leur air éberlué quand la finance a perdu la boussole, au moment où chacun se précipitait pour se déclarer converti au libéralisme et à la dérégulation.

Jeudi, deux hommes porteurs d’un vrai projet se sont fait piéger, et semblent eux aussi éberlués de s’être fait prendre ainsi.

L’audimat a gagné une bataille de plus, notre foi en une autre façon de faire de la politique en a perdu une.

Une façon qui met en avant les projets, les idées, le fond, une façon qui fait le pari de l’intelligence, le pari des valeurs, le pari de la responsabilité partagée et assumée.

 Une façon qui mise sur le renouvellement plus régulier de la classe politique, sur l’ouverture à l’autre, pour que plus jamais la politique ne sente le renfermé, le complot permanent, la petite histoire du vieux couple qui ne se supporte plus.

Nous n’avons pas perdu la guerre, mais espérons que cet incident que je qualifie de tragique nous serve.

Gardons-le en mémoire, entretenons son côté cuisant, comme une piqûre de rappel de ce que vous,  Chers Leaders, pouvez mettre par terre en quelques minutes lorsque vos attaques remettent en cause les êtres et non plus  les idées ou les projets.

 Repensez-y, avant de taillader encore une fois cet élan citoyen qui s’évertue à construire, effaré qu’il est par l’urgence des enjeux, par l’urgence à préparer l’avenir de notre monde.


Sylvie Tassin.

Par sylvie tassin - Publié dans : reflexion
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Jeudi 21 mai 2009

 

Contre la violence à l’école il y a plusieurs voies.

Celle prescrite par Xavier Darcos est de contenir le mal, de tenter de le circonscrire par le biais de contrôles, accusations, menaces, punitions. C’est un aveu de défaite. Car c’est avouer que l’on se résigne à accepter ce mal, qu’on l’accepte même. Et qu’on lui court en permanence derrière, qu’on est en retard sur lui. On s’attaque au symptôme uniquement.

Et à quel avenir cela nous destine-t-il ?

Des zones encadrées, grillagées, des interrogatoires et convocations multiples ?

Ceci peut faire partie de la solution, mais en dernier recours, et dans des cas extrêmes, pour des causes perdues.

Et cela ne peut être qu’une tache, et la plus sombre, sur la palette de couleurs dont nous devons nous efforcer de disposer pour apporter des solutions, pour ouvrir d’autres possibles.

Que peut-on faire d’autre, de plus constructif, de préventif, et qui permette de diminuer les pulsions de violence, les envies de passage à l’acte, à leur racine même ?

Tout d’abord, rétablir la position d’autorité au sein de l’école, et demander aux adultes qui y travaillent d’y assumer le rôle de garants de la paix. Cela ne passe pas par l’uniforme quel qu’il soit, celui de l’agent ou la blouse grise, cela passe par la présence humaine.

Trop de directeurs d’établissements ne circulent pas dans les couloirs, ne sont pas physiquement là, incontournablement présents. Ils sont rivés seuls dans leurs bureaux à des études de chiffres et statistiques avec un seul objectif qu’ils martèlent à tout-va : pas de vagues.

Car être bien noté veut dire : peu de conseils de discipline, le moins possible.

Ceci laisse le champ ouvert à deux attitudes :

-on élude les problèmes, on dit qu’ils n’existent pas pour les supprimer, et en ces temps où le discours fait et défait le réel à volonté, cela peut passer, mais pour un temps et un temps seulement. Car le réel ressurgit toujours dans les trous laissés par les discours lénifiants.

-ou alors on se donne les moyens d’éviter d’y avoir recours… Mais trop peu de chefs d’établissement y déploient l’énergie colossale et nécessaire, car elle passe par un réel don de soi, de sa présence, de sa volonté, de son écoute . 

-les enseignants aussi se doivent de faire l’effort d’être des figures d’autorité. C’est un point sur lequel on insiste aujourd’hui beaucoup dans les IUFM, notamment dans les cours d’analyse de pratiques, et un point sur lequel les référents qui encadrent les conseillers pédagogiques (dont je suis) nous interrogent souvent :

-« le/la stagiaire accepte-t-il/elle d’endosser l’habit de maître ou a-t-il/elle une attitude de fuite face au conflit ? »

Or l’année de stage est une année de lente maturation à ce niveau là, et une année indispensable.

Celle-là même que Monsieur Darcos veut supprimer.

Les futurs enseignants que nous promet la réforme, seront davantage formés théoriquement (en université) et moins pratiquement (sur le terrain de la classe).La gestion de la classe ne sera quasiment pas abordée si ce n’est de façon lointaine et à grands coups de recettes dogmatiques dans le parcours de mastérisation, or c’est dans l’expérience et la confrontation à la situation délicate que l’on se fabrique ses propres réponses, les seules qui vaillent.

Les réponses d’être humain à être humain.

Et la première année en IUFM est une année qui donne le temps au stagiaire de s’interroger sur les réponses qu’il doit trouver, par lui même et en faisant preuve de lucidité et de courage, pour devenir un enseignant capable de tenir une classe, de mettre tout le monde au travail, de donner les mêmes chances à chacun.

Ne pas fuir nos responsabilités à nous, adultes, s’interposer entre l’élève provocateur et sa victime, ne pas faire celui qui n’a pas vu, celui qui ne savait pas et donc que l’on ne peut accuser.

Nous avons le devoir de savoir ce qui se passe dans nos cours, dans nos établissements, et le devoir d’en rendre compte, avec lucidité, dans un esprit d’ouverture à la critique, au regard de l’autre, seul chemin vers le progrès, vers du mieux.

-Outre le devoir de présence réelle, nous devons aussi être souples dans la conception de nos cours. Nous avons des programmes à respecter, certes. Mais nous disposons d’une grande marge de manœuvre pour rendre ces programmes attractifs, et nous nous devons de les utiliser.

Ayant enseigné dans des classes relativement difficiles, j’ai réalisé à ma pratique sur le terrain qu’un bon moyen de créer le consensus autour de moi, maître de la classe, était d’adapter mon cours à mon public. Et la règle numéro un était : toujours tirer vers le haut, ne jamais sous-estimer ceux que l’on a en face de soi, c’est une chose qu’ils ne vous pardonnent pas.

Une fois que l’élève, même provocateur, est harponné par le sujet, par la façon de le présenter, qu’il se sent mis en valeur par ce que vous lui proposez, vous avez bien plus de chances de pouvoir vous imposer comme figure d’autorité, vous pouvez exiger davantage de lui.

Mais pour exiger, il faut faire ses preuves avant, ou en même temps, en parallèle.Une grande partie de la difficulté de ce métier d’enseignant est que, changeant de public tous les ans, nous devons chaque année refaire nos preuves, nous relancer à la conquête de nos classes.

-D’autres que les acteurs au sein des établissements travaillent sur cette question de la violence à l’école.

Il y a quelques années de cela Judith Miller (psychanalyste fille de Lacan), a créé avec Philippe Lacadée (psychiatre et psychanalyste à Bordeaux) les laboratoires du CIEN : Centre Interdisciplinaire sur l’Enfant.

Ce réseau est aujourd’hui international.

Nous travaillons en équipes pluridisciplinaires (psychanalystes, enseignants, médecins, éducateurs, chefs d’établissements, magistrats) pour croiser nos regards sur nos expériences et trouver un chemin pour réintégrer dans l’école nos « débranchés du savoir ».

Nous enseignants présentons souvent des cas d’élèves/ des situations qui nous interpellent, nous laissent démunis, et en les présentant, en se livrant et en livrant la situation au regard et à l’expérience de l’autre, il arrive que nous trouvions une voie différente, jusqu’alors insoupçonnée, qui nous permette de sortir de l’impasse. C’est un travail de fourmi, loin du culte du chiffre et du résultat immédiat, mais un travail qui prend l’humain en compte dans toute sa complexité, et un travail qui va vers l’apaisement de la tension.

C’est un travail d’humaniste.

Une des meilleures preuves en est donnée par Joseph Rosetto, principal du collège Pierre Semard en Seine Saint Denis, qui a considérablement diminué le nombre des actes de violence dans son collège, au point de les rendre quasiment nuls, par un formidable travail d’écoute, de concertation, d’innovation au sein de son établissement. (Un film retrace ce travail : « Quelle classe ma classe !»)

Mais Monsieur Darcos propose de déshumaniser l’école, au moment même où elle a plus que jamais le devoir de rester lieu de respect de l’humain dans toute sa dimension.

Diminuer les postes d’enseignants, réduire leur formation, la formation des élèves, la palette de matières les ouvrant au monde, mettre en avant le culte du chiffre, de la grille d’évaluation au détriment de l’homme et de sa dimension sont des mesures qui ne peuvent en aucun cas enrayer la violence.

Mettre des portiques et des agents dans les écoles sont des mesures réponses, réactives, coups de poing, mais qui n’anticipent rien, et qui ne donnent pas les moyens d’un travail en profondeur sur ce qu’est et ce que doit rester notre école de la République.

La voie que proposent d’autres, formateurs IUFM, enseignants, membres du CIEN, et bien d’autres encore qui donnent de leur temps dans l’ombre, est médiatiquement moins porteuse, mais vise à protéger les fondements de notre école, le socle de nos valeurs républicaines, celui-là même qui nous unit et fait de nous un peuple.

 

Par sylvie tassin - Publié dans : reflexion
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Samedi 16 mai 2009

Du 11 au 19 mai 2009

                       Festival du droit à l'éducation
Les organisations réunies dans le collectif « Un pays, une école, notre avenir » vous appellent à mettre à l’honneur le droit à l'éducation dans chaque département du 11 au 19 mai en multipliant les initiatives de "remises de palmes " auxquelles participeront les représentants nationaux de nos organisations

Plus que jamais dans cette période de crise, l’éducation doit faire l’objet d’une priorité. Priorité qui permette de faire réussir tous les jeunes, d’élever le niveau de qualification, de développer formation initiale et continue, de former des citoyens.

Plus qu’un coût l’école constitue une chance pour l’avenir de notre pays. Le cri d’alerte que nous avons lancé à travers des milliers d’initiatives au cours d e cette année scolaire est plus que jamais d’actualité.

La préparation de la rentrée 2009 comme les réformes conduites à marche forcée, le désengagement de l’état, la préparation du budget 2010 comme l’appauvrissement du service public et laïque d’éducation risquent de provoquer de véritables régressions dans une société minée par les injustices et les inégalités.

Au contraire la crise que nous traversons appelle une politique éducative ambitieuse qui mobilise l’engagement des personnels, développe les initiatives des associations, construise de la confiance en mettant au cœur des choix la réussite de tous les jeunes.

Le droit à l’éducation est encore à construire contre le mauvais film que représentent les choix éducatifs et budgétaires actuels.

Les organisations réunies dans le collectif « Un pays, une école, notre avenir » vous appellent à les mettre à l’honneur dans chaque département du 11 au 19 mai en multipliant les initiatives de "remises de palmes " auxquelles participeront les représentants nationaux de nos organisations. En cette période qui est aussi celle du festival de Cannes, l’école, les élèves méritent aussi que l’on déroule le tapis rouge.

Par sylvie tassin - Publié dans : reflexion
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Samedi 16 mai 2009

Passages de l'article de Caroline Fourest, paru dans Le Monde du 2 mai.

"On assiste à un assaut sans précédent pour tenter d'affaiblir l'enseignement républicain et laïque au profit de l'enseignement privé et confessionnel. En principe, la République "ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte". En coulisse, tout est fait pour torpiller l'esprit de cette loi dès qu'il s'agit d'éducation nationale.
Dans la plus grande discrétion, tout un pan du discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Saint-Jean-de-Latran vient d'entrer en vigueur. On se souvient de cette phrase dans laquelle le président plaçait le prêtre au-dessus de l'instituteur "dans la transmission des valeurs".

Dans une autre partie de son discours, moins célèbre, le président regrettait que la République ne reconnaisse pas la "valeur des diplômes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur catholique". On pensait à la reconnaissance de diplôme de théologie... Ils n'ont pas à être validés par la République puisqu'elle ne "reconnaît aucun culte". Mais le président s'obstine. Notamment avec l'arrière-pensée de pouvoir estampiller la formation des imams rêvée par le ministère de l'intérieur mais dispensée par la Catho. Un bricolage qui ne fait que renforcer l'impression d'une gestion postcoloniale de l'islam, donc la propagande islamiste. Tout en tuant à coup sûr l'esprit de 1905.
L'affaire est plus grave qu'il n'y paraît. Les décrets de cet accord - signé en catimini entre la France et le Vatican le 18 décembre 2008 - viennent de tomber. Ils prévoient la "reconnaissance mutuelle des diplômes de l'enseignement supérieur délivré sous l'autorité compétente de l'une des parties". Or cette "reconnaissance" ne vaut pas seulement pour les matières théologiques mais aussi profanes. Autrement dit, le baccalauréat ou d'éventuels masters.
L'accord feint d'appliquer une directive européenne (le processus de Bologne), pensée pour reconnaître les diplômes étrangers, mais il change de nature à partir du moment où il est signé avec le Vatican, pour "reconnaître" des diplômes délivrés sur le sol français par des établissements de l'Eglise. Ce qui revient non seulement à casser le monopole des diplômes qu'avait l'Etat depuis 1880, mais aussi l'esprit de l'article 2 de la loi de 1905. (loi relative à la séparation de l'église et de l'état)
Jusqu'ici, les établissements catholiques privés pouvaient parfaitement préparer des élèves au bac, mais ceux-ci devaient passer leur diplôme avec tous les autres. Petite astuce connue des professeurs : de nombreux établissements privés choisissent de ne présenter que les meilleurs élèves sous leurs couleurs et d'envoyer les autres en candidats libres pour améliorer leur score de réussite au bac. Appâtés par des pourcentages tournant autour de 100 %, de plus en plus de parents se tournent vers ces établissements au détriment de l'école publique.
Le gouvernement fait tout pour encourager ce choix : démantèlement de la carte scolaire, baisse du nombre de professeurs dans le public... Le plan banlieue est à sec, mais on racle les fonds de tiroirs pour financer - sur fonds publics - l'ouverture de 50 classes privées catholiques dans les quartiers populaires
.

Il ne manquait plus que ça : la fin du diplôme d'Etat... Justement au moment où l'Etat annonce vouloir supprimer les IUFM, brader les concours, et remplacer leur formation par un master que pourrait préparer n'importe quel établissement privé. Comme ça, en plus de délivrer le baccalauréat, le Vatican pourra ouvrir des masters destinés directement aux futurs enseignant
Un comité 1905 vient de porter plainte devant le Conseil d'Etat. S'il n'obtient pas gain de cause, le prêtre aura le champ libre pour reprendre la main sur l'instituteur.


Commentaire:
Nicolas Sarkozy entreprend une attaque en règle des piliers fondamentaux de la République,  François Bayrou l'écrit haut et fort dans "Abus de Pouvoir".
 L'égalité du droit à l'éducation est le gage majeur de cohésion sociale .
Une république qui ne protège pas ce droit est une république qui n'aime pas ses enfants.
Un pays qui n'aime pas ses enfants  est un pays qui se condamne.

Par sylvie tassin - Publié dans : reflexion
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Dimanche 10 mai 2009

J’ai trouvé Bayrou très bon et cela donne vraiment envie de continuer car sur France 2 ce soir je n'ai pas vu l'homme qu'on me dépeint parfois, uniquement centré sur un destin présidentiel et pour les mauvais motifs.

Mais il a répondu clairement:
la politique française est ainsi faite que c'est le seul moyen d'influer et de changer  les choses.

Donc effectivement 2012 fait partie de son combat mais c'est un moyen et pas une fin.

Quelques phrases que je retiens:

"Attention, Nicolas Sarkozy sait où il va sur un certain nombre de choses fondamentales": je suis aussi inquiète parfois d'entendre les gens railler sa "navigation à vue" en disant qu'il ira  forcément droit dans le mur.Le meilleur des services à rendre à l'ennemi est bien de le sous-estimer.

"La liberté des media face à Sarkozy est assez grande en dehors de périodes cruciales, par contre lorsqu'il y a période clef, les média s'autocensurent, en font plus qu'on ne leur en demande". C'est le fantasme de la toute puissance de Sarko.C'est ce qu'il a réussi à créer, et là il a fait très fort. 

C'est cela notre problème avec lui  et ce qui le rend si déroutant et dangereux: on a du mal à l'évaluer à sa juste mesure.Un coup on le sous-estime,un coup on le prend pour Dieu...

"Il y a un grand désarroi de la presse qui n'arrive plus à saisir ce dont elle parle" (multiplicité des évènements créés par Sarko)

Sur ces 2 points tous les journalistes présents ont acquiescé.Je suis heureuse de leur honnêteté, mais  cela me désole à un point... qui les oblige à couvrir le rythme effréné de Sarko?Qu'en est-il de leur faculté de jugement?Je veux bien croire qu'ils sont tenus par les grands patrons de presse qui sont les amis de Sarko , mais pour moi être journaliste c'est aussi s'engager vis à vis de la vérité.Ils ont une lourde part de responsabilité dans ce qui leur arrive et ce qui nous arrive.

Notre modèle est un modèle qui craque de partout" Ghislaine  Ottenheimer

"Corrigeons notre modèle au lieu de le changer"

"Cessons de vivre en battant en retraite tout le temps"
"Je ne veux pas de restauration  mais d'une  refondation"

Plutôt que de brûler aujourd'hui ce qu'on a vénéré hier dans la lumière,garder le bon et se donner les moyens d' en faire du durable.......

"le désespoir aujourd'hui est de toutes les sensiblilités "J'ai trouvé cette phrase triste et belle...

"Nous avons un vrai problème avec la lecture, et ce n'est pas la faute de l'école mais la faute des écrans"


Enfin un qui ne jette pas l'anathème sur les profs...On se demande bien pourquoi!

En tout cas  l'intérêt et le respect d'un Ruquier, Nauleau, Ottenheimer faisaient plaisir à voir.

Quant à Julien Courbet il avait l'air de découvrir le monde.
"Mais enfin si tout ce que vous dites est vrai (notamment affaire d'Etat-Tapie), cela se serait su, il y aurait eu tapage médiatique là dessus."

Ben voui,c'est dans des moments de lucidité comme cela,où le ciel vous tombe sur la tête,Julien ,qu'on se sent très seul et qu'on se dit qu'il faut ouvrir les yeux et accepter d'abord de voir le monde tel qu'il est pour ensuite pouvoir se bouger et  essayer d'aider à rectifier le tir......

Moi ce moment de lucidité m'a prise un jour de mars 2007....en regardant Sarko et Sego....

 

 

 

Par sylvie tassin - Publié dans : reflexion
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