Citoyenne libre, et engagée, car: "Nous sommes collectivement responsables de ce que nous laissons faire".

La phrase qui marque tous les esprits a été fabriquée par les médias : le MoDem vire à gauche !
Phrase qui selon ces mêmes médias distille colère et désarroi au sein des militants, et menaces en cascade: « je rends ma carte, ça suffit ! »
J’ai participé à cette université de rentrée, et les extraits de la presse écrite affichés tous les jours provoquaient ma stupeur. Je ne voyais pas grande ressemblance entre ce qui y était décrit et ce que je voyais se dérouler sous mes yeux, dans les divers ateliers et assemblées plénières.
Il y a eu beaucoup de discussions et d’échanges d’idées dans les ateliers de travail.
Un merci tout particulier à Maurice Merchier et Jean -Jacques Jegou pour la façon passionnante dont ils parlent de la dette et du déficit budgétaire. Ils ont réussi à me donner envie d’avaler des bouquins d’économie, c’est dire…..
Et aussi à Jean Luc Benhamias et Jean François Kahn, deux fieffés humoristes.
Ils m’ont fait pleurer de rire dans leur façon de raconter nos démêlés avec Martine Aubry qui nous inonde de SMS nous sommant de nous déclarer de gauche si nous voulons dialoguer !
Et Corinne Lepage nous a offert comme d’habitude un discours plein de clarté, de lucidité et de puissance qui lui a valu une standing ovation largement méritée.
François Bayrou, lui aussi, je l’ai trouvé bon. Il a soigneusement évité de prononcer le nom de Nicolas Sarkozy mais a repris les points qui montrent que la France subit en en ce moment des attaques terribles qui atteignent les fondements mêmes de l’esprit de la République.
Et il en est venu au point d’orgue de son raisonnement :
étant donné l’ampleur de ces attaques portées au système français, étant donné l’urgence qu’il y a à structurer une forme créative de résistance à ces attaques pour éviter absolument qu’elles ne perdurent,, il a fait cette offre publique de dialogue avec toutes les énergies prêtes à se lancer dans une bataille qui sera extrêmement rude.
Cela à mon avis relève du pur bon sens.
F. Bayrou ne nous demande pas de nous inféoder à qui que ce soit, il nous demande de l’aider à créer avec d’autres les conditions d’une alternance.
Pour cela il appelle concrètement de ses vœux un parlement de l’alternance, où seraient débattues les idées de tous.
Dans l’espoir bien évidemment que nous soyons, ensemble, capables de trouver un socle commun de valeurs à défendre, permettant ainsi à un projet de société progressiste et humaniste d’émerger et de rassembler.
Et contrairement à ce qui est écrit partout dans la presse, cette offre ne s’adresse pas à la gauche, mais à tous ceux qui veulent que les choses prennent un autre chemin que celui de la ruine , du renoncement ou du cynisme le plus éhonté !!!!
Pourquoi la gauche aurait-elle le monopole de la capacité à bâtir un projet d’alternance?
Mais le fil rouge qui se dégage de cette Université est bien que nous devons coordonner notre résistance. Car seuls, nous n’y arriverons pas.
L’humilité ne fait pas de mal. Et je refuse de crier au loup.
Je ne sais pas si je suis de gauche ou de droite et honnêtement, je me contrefous de le savoir.
Mais ce que je sais, c’est qu’il y a des idées, des démarches, des valeurs auxquelles je crois profondément, que ces valeurs là ne m’appartiennent pas, comme elles n’appartiennent pas à un parti en particulier, et que nous citoyens qui y croyons devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’elles soient défendues le plus largement et le plus vigoureusement possible.
Ce mouvement de résistance que François Bayrou appelle encore une fois de ses vœux, nous pouvons le mettre en marche.
Ce que j’ai perçu de cette université d’été m’en a convaincue.
Sylvie Tassin.