Partager l'article ! De l'urgence à concilier écologie et vision d'avenir.: Jeudi 22 octobre ...
Jeudi 22 octobre Réflexions …
Je vous ai écoutés sagement ce matin, à la recherche d’un thème fédérateur accessible aux électeurs, et que je résumerai ainsi :
« Y a-t-il dichotomie entre écologie et constance du progrès ? »
L’image de marque de l’écologie, est entachée pour nombre de citoyens par la sur représentativité médiatique d’extrémistes prompts à dénoncer le matérialisme confortable sur lequel tout un chacun s’est confortablement reposé depuis longtemps.
Pour beaucoup de nos concitoyens ordinaires, écologie équivaut à retour au moyen âge.
Or , à entendre les politiques à la fibre écologique marquée s’enflammer lorsqu’ils défendent leur cause, deux options s’offrent à nous :
celle de l’ouverture : admettre que cette passion est signe que nous sommes sans doute au pied du mur et que continuer à dormir sur nos deux oreilles relève de l’inconscience,
ou au contraire celle du repli : se mettre l’oreiller sur la tête en marmonnant que décidément ces « écolos diabolisateurs » ne sont bons qu’à nous plomber le moral !
Pour vous aider à choisir, je vous propose de méditer sur ces petits extraits :
« Les artistes naguère n’aimaient pas ce qu’on appelait le Progrès … les Romantiques, tout contemporains qu’ils étaient des Ampère ou des Faraday, ignoraient aisément les sciences, ou les dédaignaient ; ou n’en retenaient que ce qui s’y trouve de fantastique. Leurs esprits se cherchaient un asile dans un moyen âge qu’ils se forgeaient, fuyaient le chimiste dans l’alchimiste. Ils ne se plaisaient que dans la légende ou dans l’histoire, c’est à dire aux antipodes de la physique … Or la suite du temps … s’est divertie à former une confusion tout admirable de deux notions jadis exactement opposées. Il arriva que le merveilleux et le positif ont contracté une étonnante alliance, et que ces deux anciens ennemis se sont conjurés pour engager nos existences dans une carrière de transformations et de surprises indéfinies … »
« … Il ne s’agit plus maintenant de périls lointains. La dégradation de la Terre, sa contamination par les résidus atomiques, la destruction du sol, la pollution des eaux et de l’atmosphère, la mécanisation de l’existence, le déracinement et la déshumanisation de l’homme sont des faits actuels qui non seulement n’ont aucune chance de se résorber d’eux-mêmes mais qui chaque jour, ne cessent d’empirer ... Le salut n’est possible que si nous comprenons l’étendue des périls, que si nous réalisons l’absolue nécessité de ne plus laisser la nef voguer au gré des flots, mais de refaire le point et de reprendre le gouvernail d’une main ferme … Nous avons à prendre conscience de nos relations essentielles avec le milieu technique que nous avons créé et de nos rapports, à travers les nouvelles structures ou en dehors d’elles, avec la nature. De cette prise de conscience dépend d’abord notre destin …. »
Le premier texte de Paul Valéry date de 1931 et le second de René Duchet date de 1955.
Nos questions d’aujourd’hui , existentielles et concrètes,sur l’avenir de notre monde, rejoignent celles d’hier et seront encore plus pressantes demain. Mais comme tétanisés, nous ne parvenons pas à nous en saisir et à agir.
Il y a un boulevard pour le parti politique qui saura démystifier aux yeux du citoyen lambda, donc de celui qui vote, la question de l’écologie, pour celui qui parviendra à montrer qu’écologie et vie moderne ne sont pas deux notions antinomiques, mais bien qu’elles vont de pair!!!!
Qui pourra relever ce défi?
Lionel Jouan.