Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 11:24

Que penser d'une explication comme celle-ci?

Si ce qui est dit ici est vrai, au moins pour ce qui est du diagnostic, cela signifie qu'on propose ni plus ni moins de mettre des peuples entiers à terre pour rembourser des taux d'intérêt aux banques.

Alors, le vrai et le faux, là dedans?

 

Sylvie Tassin.

Par sylvie tassin - Publié dans : economie
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Commentaires

Je trouve que ce truc est un tissu d'âneries qui mélange habilement des faits avérés et des interprétations fantaisistes. Je ne suis pas étonné que les thèses de l'auteur de la vidéo ne soient pas débattues en public.

Je ne ferai que quelques remarques:

- les banques ne peuvent prêter que l'argent qu'elles ont c'est-à-dire les dépôts de leurs clients ou les emprunts qu'elles font sur le marché. Elles paient donc des intérêts en empruntant et en touchent en prêtant. Prêter aux Etats est peu avantageux puisque cela leur rapporte en général moins que cela ne leur coûte. Elles le font soit quand les taux paraissent élevés soit quand elles en ont besoin pour des raisons techniques (ratios de solvabilité, opérations de refinancement etc..). Cette théorie qui prétend qu'elles se gavent en prêtant de l'argent qu’elles créent ex nihilo est donc complètement stupide. Les banques se gavent certes, mais pas comme cela !

- une grande partie de la dette des Etats est en fait détenue sous forme d'obligations par des fonds d'épargne, des assurances-vie de monsieur tout-le-monde, des banques centrales étrangères ou des fonds de retraite. Les banques jouent donc un rôle bien moins important que ce que l'auteur laisse entendre.

- La création de monnaie ne se matérialise dans le bilan des banques que parce que certains agents économiques veulent emprunter tandis que d'autres veulent prêter. Le bilan d'une banque est toujours équilibré: prêts de la banque= emprunts de la banque+capital de la banque. Au passage, notons que l'Etat en empruntant contribue à cette création de monnaie...

- Le rôle de la banque est d'assumer le risque de crédit (si l'emprunteur est défaillant, c'est elle qui paye). Il est aussi de transformer des ressources à court terme en prêts à long terme. C'est ce qu'on appelle la "transformation" qui peut se retourner contre la banque si elle est soudain à court de liquidités et ne peut plus les emprunter à court terme sur le marché. C'est une des raisons qui explique que l'on impose aux banques des ratios de liquidités. Un excès de "transformation" peut gonfler à l'excès la masse monétaire mais il faut incriminer une confiance généralisée et mal placée ou des taux d'intérêt trop bas plutôt qu'autre choses. C'est aussi la raisons qui fait craindre la blocage du marché interbancaire et les "risque systémique" que cela entraine. Par "risque systémique", il faut entendre la faillite de toutes les banques, l'effondrement total du marché du crédit et le gel de tous les dépôts à court terme.

- l'article 123 du traité de Lisbonne vise à garantir l'indépendance de la Banque Centrale Européenne et éviter aux états de tomber dans la facilité de la création de monnaie qui conduit à l'inflation. Ce principe est dérivé de thèses monétaristes qui peuvent être critiquées. Les USA on tempéré ce principe en assignant à la FED des missions plus larges que la simple surveillance de l'inflation. L'Europe devrait s'en inspirer mais l'Europe est assez peu inspirée en ce moment!
Commentaire n°1 posté par xavier le 17/12/2011 à 12h39

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