Rentrée 2007 : le collège Guist’ hau du centre ville ferme une sixième sur les quatre fonctionnant jusqu‘alors par manque d’effectifs suffisants.
Juin 2008 : consigne en interne à Guist'hau : pas de redoublement autorisé pour ne pas avoir à réouvrir une 6ème supplémentaire.L’objectif est de contenir les élèves dans trois sixièmes.
Rentrée 2008 : des sixièmes à effectifs lourds, trente élèves par classe.
Juin 2009 :
a-pas de réouverture d’une 6ème à Guisthau. Cause annoncée : demandes insuffisantes.
b- le collège Jules Verne de centre ville annonce la fermeture d’une de ses sixièmes au motif d’une baisse d’effectifs.
Cause annoncée : les grèves des lycéens auraient eu un effet désastreux sur les parents d’élèves car les perturbations occasionnées ont affecté le bon déroulement des cours de collège.
c- l’Externat des Enfants Nantais (collège privé de prestige du centre ville )croule sous les demandes d’inscriptions. Toutes leurs sixièmes seront à 30 en septembre.
La guerre public/ privé ne m’intéresse pas. La réussite des enfants, si.
Cela fera les adultes équilibrés et responsables de demain, les adultes capables de défendre l’école parce que l’école les aura aidés.
Les lycéens étaient en grève pour obtenir de meilleures conditions de réussite à l’école, pour qu’elle se donne les moyens de redevenir un vecteur d’égalité des chances. Quels que soient les griefs que l’on puisse avoir sur leurs méthodes, le fond de leurs revendications était juste.
Fermer des sixièmes dans des écoles publiques a pour conséquence directe l’augmentation d’effectifs par classe.Des classes de sixièmes à 30 ne donnent pas les moyens d’un enseignement flexible qui peut s’adapter aux enfants différents, dans une classe charnière qui conditionne la suite des études au collège.
Les mesures de soutien scolaire n’ont pas été efficaces malgré les effets d’annonce du ministre Xavier Darcos. Par manque de coordination et de concertation entre les acteurs. Pour du soutien efficace il faut du personnel formé et expérimenté. Ce sont les assistants d’éducation, personnel non formé à la pédagogie, qui en étaient chargés. Et ils se trouvaient démunis devant l’ampleur des difficultés des élèves.
Plus un enfant est en difficulté plus il est complexe et a besoin de praticiens chevronnés en face de lui.
Et l’individualisation de l’aide n’est pas la seule ou la meilleure voie. L’enfant ne doit pas être stigmatisé. Le garder au maximum dans le groupe classe est important.
La garantie de sixièmes à 25 est une meilleure chance pour les enfants en difficulté.
Fermer les sixièmes dès qu’il y a creux dans les effectifs est une mauvaise nouvelle pour l’avenir de notre école publique. Profiter de baisses (souvent temporaires) de demandes pour se donner des chances d’innover en enseignant de manière plus flexible avec des groupes moins lourds semble bien plus porteur de progrès, bien plus prometteur d’ une école durable.
S’il y a une classe sur laquelle concentrer nos efforts au collège, c’est bien la sixième.