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Lundi 8 juin 2009


Ecrit le 6 juin mais non publié pour raison de fin de campagne.

Le MoDem et Europe Ecologie sont les seuls partis à avoir fait campagne sur un projet, et à avoir vraiment fait campagne, en gage de leur intérêt pour l’Europe et de la conscience qu’ils ont de l’importance cruciale qu’il y a à la défendre.

François Bayrou n’a pas su le montrer, mais le MoDem avait un vrai projet, car beaucoup d’entre nous sont des Européens convaincus.

Ce qu’il s’est passé jeudi soir dans « A vous de Juger » fut un cauchemar.

Deux hommes à vif qui s’affrontent en se portant des coups bas, deux hommes écorchés par la fatigue, par l’acharnement des media à leur rappeler leur rivalité permanente.

Car il ne faudrait pas que le MoDem et Europe Ecologie s’épargnent, une entente serait dangereuse et  terrible pour les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis des décennies, sans avoir grand chose d’autre à faire que d’attendre leur tour, sans être menacés de rien d’autre que de lendemains qui chantent ou déchantent.

Ils acceptent les défaites au nom du principe de la roue de la fortune, principe qu’ils ont si bien intégré que jamais revers électoral, aussi sévère soit-il, n’occasionne de vraie remise en cause, d’introspection réelle et sans complaisance, de chance saisie de construire.

Et Ils se sont laissés dépasser par la vitesse du monde, on a vu leur air éberlué quand la finance a perdu la boussole, au moment où chacun se précipitait pour se déclarer converti au libéralisme et à la dérégulation.

Jeudi, deux hommes porteurs d’un vrai projet se sont fait piéger, et semblent eux aussi éberlués de s’être fait prendre ainsi.

L’audimat a gagné une bataille de plus, notre foi en une autre façon de faire de la politique en a perdu une.

Une façon qui met en avant les projets, les idées, le fond, une façon qui fait le pari de l’intelligence, le pari des valeurs, le pari de la responsabilité partagée et assumée.

 Une façon qui mise sur le renouvellement plus régulier de la classe politique, sur l’ouverture à l’autre, pour que plus jamais la politique ne sente le renfermé, le complot permanent, la petite histoire du vieux couple qui ne se supporte plus.

Nous n’avons pas perdu la guerre, mais espérons que cet incident que je qualifie de tragique nous serve.

Gardons-le en mémoire, entretenons son côté cuisant, comme une piqûre de rappel de ce que vous,  Chers Leaders, pouvez mettre par terre en quelques minutes lorsque vos attaques remettent en cause les êtres et non plus  les idées ou les projets.

 Repensez-y, avant de taillader encore une fois cet élan citoyen qui s’évertue à construire, effaré qu’il est par l’urgence des enjeux, par l’urgence à préparer l’avenir de notre monde.


Sylvie Tassin.

Par sylvie tassin - Publié dans : reflexion
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